April 6, 2008

L’insurrection, le grand soir, etc.

La Révision générale des politiques publiques (RGPP) entamée par le gouvernement prévoit de rationaliser les dépenses de l’Etat et les structures administratives. Parmi ces réformes, une baisse drastique des effectifs de l’Education Nationale apparaît plus que nécessaire.

Voilà donc une excellente occasion pour les lycéens (politisés, de gauche et d’extrême gauche) de s’offrir un baptême de manifestant discount. Ceux qui étaient encore trop jeune pour participer au CPE, vont enfin avoir leur occasion de “contester” quelque chose. Dans la plus pure tradition romantique de gauche et d’extrême gauche, les rejetons des 68tards vont se payer quelques frayeurs en jouant à la grève, à la manif, à la révolution. Pendant ce temps, leurs parents lisent Télérama, le Nouvel Obs, Libération, tout en écoutant France Inter qui commémore…

Régalons-nous de ces jolies postures de petits parisiens qui jouent à…, – attention là c’est du sérieux, ça va péter on vous le dit, on est vénèr – “l’insurrection” – rien que ça ! :

(Flickr)

Hou la la, déconnent pas les gars de Michelet… Sont décidés à en découdre… Grave.

Pour se tenir informé des manifs à venir de lycéens, rien de mieux que le site legrandsoir, site web des JCR, Jeunesses Communistes Révolutionnaires (tout un programme). On y apprend à un devenir une parfaite petite frappe d’extrême gauche qui a le plus grand mépris pour la démocratie et la liberté individuelle. Admirez :

“Les blocages sont un bon moyen pour supprimer tous les cours ce qui permet d’être plus nombreux dans les AG et pour aller en manif.”

Et oui, l’apprentissage de la rigueur idéologique qui ne tolère aucune dissension interne doit se faire le plus tôt possible…

April 5, 2008

LCR : Faîtes ce que je dis…

L’extrême gauche française est un extraordinaire musée vivant des pratiques politiques les plus autoritaires et les moins démocratiques dans le plus pur style des extrêmes, façon old school.

Voici un excellent exemple récent, en France, en 2007, à la LCR :

PARIS (AFP) - La direction de la LCR a décidé de mettre fin au statut de permanent dont bénéficiait depuis 28 ans le chef de file de la tendance minoritaire du parti, Christian Picquet, opposé à la stratégie de nouveau parti anticapitaliste que veut fonder la Ligue, a-t-on appris jeudi. (…)

Partisan d’une alliance avec les antilibéraux, M. Picquet s’était opposé à une candidature d’Olivier Besancenot à la présidentielle. Entre les deux tours des municipales, il avait appelé à voter pour le candidat de gauche, contrairement à la direction du parti.

En résumé, un cadre salarié de la LCR depuis 28 ans s’est opposé ouvertement aux orientations du chef Olivier Besancenot. Résultat : viré manu militari. Un bel exemple d’ouverture, de tolérance, et de démocratie interne…

Le plus amusant dans cette histoire, ce sont les tentatives lamentables, désespérés, de petits soldats d’extrême gauche embrigadés à la LCR qui légitiment ce licenciement du Parti pour dissidence idéologique. Un exemple de bon petit soldat est le blogueur d’extrême gauche, aux accents staliniens, du nom de CSP :

“Mais en tant que petit militant de base, il se trouve que je paie des cotisations. Modestes, certes, mais quand même. Lesquelles cotisations servent entre autres à salarier les permanents.
Ce qui fait qu’au final, dans le cas qui nous intéresse, les militants salarient un représentant qui non seulement ne s’acquitte pas de ce pour quoi on l’a élu, mais en profite pour tenter de contrecarrer, et il faut voir comment, les options qui ne sont pas de son goût…
C’est gênant.
Je trouve.

Pour ma part, j’approuve cette décision.”

Magnifique ! “Je paye donc j’exige” ! C’est beau dans la bouche d’un militant extrême gauche !

Imaginons une seconde un scénario similaire. Prenons une télévision publique, par exemple. France 2. Un journaliste à l’antenne affirme ouvertement son désaccord avec la directeur de la chaîne, ses choix et la politique qu’il mène. Il insiste, et réitère ses propos à plusieurs reprises un peu partout à l’antenne et dans les médias. Peu après, ce même journaliste est viré pour avoir critiqué ouvertement son employeur. Inutile de faire un dessin pour décrire la suite. Cette décision provoquerait un tollé au sein des syndicats (d’extrême gauche) comme SUD ou la CGT, qui dénonceraient en chœur la violence, l’autoritarisme d’une direction toute puissance, et appelleraient à la grève générale au sein de l’entreprise publique pour défendre la liberté d’expression en péril, l’indépendance, etc.

Merci, donc, à la LCR pour ce bel exemple de “Faites ce que je dis, mais surtout pas ce que je fais” qui amuse beaucoup.

April 5, 2008

“Sarkozy” : le Business plan de Daniel Schneidermann

A l’heure du Web 2.0, du partage de l’information gratuite, etc., on s’interroge s’interroge toujoursi sur la viabilité à long terme d’une version web payante de l’ancienne émission télé “Arrêt sur Images”. Le site arrivera-t-il à fidéliser suffisamment de lecteurs prêts à payer pour du contenu sur le web ? Comment faire pour convaincre de la plus-value de cette information payante ? Quel Business plan ?

Il semble que Daniel Schneidermann et ses acolytes ont un business plan. Un plan simple qui consiste à titrer, écrire, commenter le plus possible tout ce qui tourne autour de Sarkozy-Bruni !

La preuve, voici une capture d’écran des articles consacrés de près ou de loin à Sarkozy-Bruni sur le site d’ASI ce soir :

Du Sarkozy-Bruni à toutes les sauces sur le site d’ASI. Est-ce donc ce type de contenu qu’il faut payer pour voir ? C’est donc cela la plus-value Daniel Schneidermann & Co sur l’information ?

On se demande ce que Gilles Klein, le Phare qui croit éclairer l’inconnu, qui participe à ASI, pense de cette omniprésence de sujets consacrés à Sarkozy-Bruni.

Que l’on ne nous réponde pas que cette surabondance d’articles consacrés à Sarkozy-Bruni est la conséquence de l’omniprésence de Sarkozy dans les médias, ce serait une excuse bien trop facile…

April 5, 2008

Jack Lang en Côte d’Ivoire

Amusant, cette réaction apeurée de Jack Lang après la vidéo le montrant en boite de nuit avec le président ivoirien Laurent Gbagbo :

Jack Lang, de retour de la capitale ivoirienne, s’inquiète de l’usage qui pourrait être fait du reportage tourné le week-end dernier par la chaîne de télévision locale RTI. Il craint qu’un « mauvais procès» soit monté contre lui par l’opposition ivoirienne ou par des élus de la majorité en France.

On comprend qu’il ne soit pas vraiment tranquille Jack Lang. Le contexte de ces retrouvailles “humanistes “et “socialistes” entre Jack Lang, au nom du Parti socialiste français, et Laurent Gbagbo, n’est pas très “humaniste” en Côte d’Ivoire ces derniers temps, comme l’explique le Nouvel Obs :

Dans la vidéo, Jack Lang explique : “Je suis très heureux de me retrouver là en compagnie du président Gbagbo qui, on l’a vu ce soir encore, bénéficie d’une grande popularité à Abidjan, et notamment dans les quartiers populaires”.
Le lendemain, dans le même quartier, dix personnes ont été blessées dans une manifestation contre la “vie chère”, dispersée par les forces de l’ordre.

Tiens, one se demande aussi qui a financé ce voyage. Quelqu’un a-t-il une idée, à Libération peut-être ? Ah non, il n’y même pas eu d’article sur le sujet. Chez Rue 89 qui interviewe Jack Lang sur son escapade ivoirienne ? Non plus, non, le journaliste n’a pas dû avoir le temps de poser cette question…

April 5, 2008

Manif de Gauche

C’est en regardant cette vidéo réalisée par des intermittents du spectacle qu’est apparue l’urgente nécessité de ce blog.

Cette vidéo, sensée mettre en scène une “manif de droite”, en dit en fait beaucoup plus sur ceux qui participent à cette vidéo que sur le sujet lui-même.

On y retrouve, de manière caricaturale, une certaine vision de gauche de ce que serait “la droite”. Pêle-mêle, la droite est caricaturée comme étant : catholique, catholique traditionaliste (“la messe en latin”), anti-culture, pro-TF1, misogyne, raciste, pseudo-pétainiste (“Travail, Famille, Télévision”), riche, raciste anti-pauvres, militariste (“des tanks pas des saltimbanques”), pro-guerre, policière, pro-répression, anti-artistes, pro-OGM, conservatrice, réactionnaire, etc.

Vous l’aurez compris, le message d’une telle vidéo-caricature est : “la droite, c’est le mal”.

On se souvient que la campagne présidentielle 2007 avait donné lieu à un déferlement d’anti-sarkozysme primaire, d’une violence inégalée. La gauche, avec à sa tête Ségolène Royal, a fait campagne sur “le danger Sarkozy”, selon la stratégie du “c’est moi ou le chaos”. La gauche n’a pas hésité à aller jusqu’à laisser planer l’hypothèse d’une guerre civile en France, en cas d’élection de Nicolas Sarkozy. L’ultime arme d’une gauche aux abois, quasi certaine de son échec électoral et consciente du vide abyssal de son programme politique, a été la stratégie de la diabolisation. Un stratégie politique qui n’a rie eu à envier à l’extrême droite française des années 30.

Cette “diabolisation”, cette caricature grossière et de mauvais goût de ce que serait la droite ou Sarkozy est en fait une formidable fenêtre sur l’état de la pensée de gauche en France aujourd’hui. Cette vision permanente, en négatif, de la droite et/ou de Sarkozy est un formidable outil de survie de l’identité de la gauche française. Si la droite c’est le diable et le concentré de toutes les horreurs de ce monde, alors la gauche est évidemment le contraire, le bien, le cœur, l’humanisme, la certitude d’être du bon côté – en toutes circonstances. Tel est le message, dans son plus simple appareil, que livrent ces films et autres pamphlets visant à caricaturer la droite.

Il existe aujourd’hui des milliers de vidéos anti-Sarkozy, des centaines de sites et blogs anti-sarkozy, des dizaines de journaux et magazines qui haissent le sarkozysme, et dont l’objectif est de “dénoncer”, “surveiller”, “suivre au plus prêt”, etc, le Président Sarkozy, la France Sarkozyste, le gouvernement de droite, la politique de droite, etc.

Très bien. Le moment est aussi venu de s’intéresser aux “manifs de gauche”. Ces manifestations – dans le sens large du terme – de la gauche, qui en disent long sur l’état de la gauche française, sur sa perte d’identité, son absence d’idées fortes, son déficit de vision politique à long terme, son incapacité à se réformer et à se moderniser, son manque de renouvellement interne, son isolement en Europe et dans le monde, son agressivité envers ce qui est politiquement différent d’elle, en un mot : son conservatisme social.

Il est donc grand de temps de scruter, avec délice, les manifestations de gauche dans la France des années Sarkozy. C’est la raison d’être de Manif de Gauche.