Manif de Gauche ne pouvait pas passer à côté d’une aussi belle manifestation de la “pensée de gauche française” en action.
Le site web nonfiction.fr, proche de Ségolène Royal et d’autres du courant du PS, est typique de ces médias de gauche qui ne disent pas leur nom. Car nonfiction.fr se présente comme étant “Le portail des livres et des idées” en oubliant de préciser qu’il s’agit des “livres et des idées de gauche et d’extrême gauche”.
Tiens, quel est le dernier dossier de la rédaction de nonfiction.fr ? Un dossier sur “Les penseurs de la gauche radicale et alternative”.
On notera le glissement sémantique qui consiste à pudiquement appeler “radicale et alternative” une gauche qui est en fait extrême, communiste et révolutionnaire. Petit lift marketing, tentative de re-branding d’un vieux produit en prétendue “nouveauté”.
On remarque l’utilisation – décomplexée et esthétisante - de la figure du Ché par nonfiction.fr. Le Ché, comme chacun sait, est un criminel de guerre, adepte du culte de l’autorité, du contrôle de la liberté d’expression, et bien-sûr co-fondateur d’une des dictatures du XXème siècle les plus endurantes.
Mais c’est aussi une icone de la gauche française et de ses acolytes communistes révolutionnaires. D’ailleurs, dans ce dossier consacrée à ce qui serait la “nouvelle” pensée d’extrême gauche, un article sur la production d’Alain Badiou. L’homme qui “parle tout simplement de Nicolas Sarkozy comme de “l’homme aux rats” et qualifie, précisément, ses électeurs de “rats“”, comme l’explique Koz.
Dans sa folie anti-sarkozyste, Badiou n’hésite pas à parler dune France pétainiste et à appeler un renouveau communiste…
Ces délires ne semblent pas choquer plus que ça la rédaction de nonfiction.fr qui consacre un dossier à la “nouvelle” pensée d’extrême gauche.
Je cite à nouveau Koz, qui souligne très justement l’enjeu qu’il y a à souligner le danger de la pensée crypto-fasciste de Badiou :
Assouline avait raison, fin novembre dernier, de rappeler ceux qui ne devraient pas avoir échappé à un tel “penseur” :
“La dernière fois dans ce pays qu’on a ainsi comparé des hommes à des rats, c’était, voyons, en 1942 dans un documentaire de propagande sur le péril juif”
On se souviendra, aussi, que les hutus qualifiaient les tutsis de “cafards“… Bref, on s’étonnera que ceux qui n’ont pas leur pareil pour débusquer les dérives potentielles ne semblent pas avoir conscience de ce dont la déshumanisation, la réduction à l’état d’animal, a toujours auguré.
Pour ceux qui ne connaissent pas, je conseille vivement la lecture de Maus, d’Art Spiegelman, où les juifs sont incarnés par des… souris pendant la deuxième guerre mondiale.
Pour résumer, nonfiction.fr nous présente un dossier, avec Ché Guevara en illustration, sur le soi-disant renouveau de la pensée extrémiste de gauche avec un article sans gêne sur Badiou, l’homme qui compare les électeurs de Nicolas Sarkozy à des rats…

