L’extrême gauche française est un extraordinaire musée vivant des pratiques politiques les plus autoritaires et les moins démocratiques dans le plus pur style des extrêmes, façon old school.
Voici un excellent exemple récent, en France, en 2007, à la LCR :
PARIS (AFP) - La direction de la LCR a décidé de mettre fin au statut de permanent dont bénéficiait depuis 28 ans le chef de file de la tendance minoritaire du parti, Christian Picquet, opposé à la stratégie de nouveau parti anticapitaliste que veut fonder la Ligue, a-t-on appris jeudi. (…)
Partisan d’une alliance avec les antilibéraux, M. Picquet s’était opposé à une candidature d’Olivier Besancenot à la présidentielle. Entre les deux tours des municipales, il avait appelé à voter pour le candidat de gauche, contrairement à la direction du parti.
En résumé, un cadre salarié de la LCR depuis 28 ans s’est opposé ouvertement aux orientations du chef Olivier Besancenot. Résultat : viré manu militari. Un bel exemple d’ouverture, de tolérance, et de démocratie interne…
Le plus amusant dans cette histoire, ce sont les tentatives lamentables, désespérés, de petits soldats d’extrême gauche embrigadés à la LCR qui légitiment ce licenciement du Parti pour dissidence idéologique. Un exemple de bon petit soldat est le blogueur d’extrême gauche, aux accents staliniens, du nom de CSP :
“Mais en tant que petit militant de base, il se trouve que je paie des cotisations. Modestes, certes, mais quand même. Lesquelles cotisations servent entre autres à salarier les permanents.
Ce qui fait qu’au final, dans le cas qui nous intéresse, les militants salarient un représentant qui non seulement ne s’acquitte pas de ce pour quoi on l’a élu, mais en profite pour tenter de contrecarrer, et il faut voir comment, les options qui ne sont pas de son goût…
C’est gênant.
Je trouve.Pour ma part, j’approuve cette décision.”
Magnifique ! “Je paye donc j’exige” ! C’est beau dans la bouche d’un militant extrême gauche !
Imaginons une seconde un scénario similaire. Prenons une télévision publique, par exemple. France 2. Un journaliste à l’antenne affirme ouvertement son désaccord avec la directeur de la chaîne, ses choix et la politique qu’il mène. Il insiste, et réitère ses propos à plusieurs reprises un peu partout à l’antenne et dans les médias. Peu après, ce même journaliste est viré pour avoir critiqué ouvertement son employeur. Inutile de faire un dessin pour décrire la suite. Cette décision provoquerait un tollé au sein des syndicats (d’extrême gauche) comme SUD ou la CGT, qui dénonceraient en chœur la violence, l’autoritarisme d’une direction toute puissance, et appelleraient à la grève générale au sein de l’entreprise publique pour défendre la liberté d’expression en péril, l’indépendance, etc.
Merci, donc, à la LCR pour ce bel exemple de “Faites ce que je dis, mais surtout pas ce que je fais” qui amuse beaucoup.
1 Comment
April 7, 2008 at 12:15 am
[...] une excellente manifestation du “Faîtes ce que je dis…” dont la gauche et l’extrême gauche en France sont les [...]